Face à la maladie d’Alzheimer ou maladies apparentées
Dr Tiberghien François (DES Neurologie – DESC Gériatrie)
 
Une maladie qui ne doit pas fait peur : la maladie d’Alzheimer
 
Le diagnostic de la maladie d’Alzheimer est encore actuellement purement clinique et doit répondre à certains critères, car il n’existe pas encore de marqueur biologique pour le diagnostic bien que la recherche progresse.
Cette maladie est la première cause de déclin cognitif pathologique des plus de 60 ans et la plupart des sujets atteints sont au domicile.
Elle est secondaire à la progression de lésions cérébrales sur l’ensemble du cerveau expliquant que les troubles s’installent de façon insidieuse d’où en parti le retard diagnostique qui est en moyenne de 3 à 5 ans.
Ces lésions sont bien connues et conduisent à des pistes thérapeutiques prometteuses. Les traitements médicamenteux existants sont purement palliatifs. Ils permettent, s’ils sont instaurés tôt, de stabiliser et de ralentir le déclin des fonctions intellectuelles et la perte d’autonomie.
Il est donc indispensable de poursuivre nos efforts de sensibilisation sur le dépistage des troubles. En effet, l’une des premières fonctions touchées est la mémoire avec pour caractéristique : l’oubli des faits récents.
Toute plainte mnésique, chez un sujet de plus de 60 ans, doit être considérée comme suspecte jusqu’à preuve du contraire, surtout si l’installation est progressive, évolutive et entraîne un retentissement sur les activités de la vie quotidienne.
Mais il faut garder à l’esprit que tout trouble mnésique n’est pas une maladie de la mémoire ou une maladie d’Alzheimer. Le plus important actuellement reste le diagnostic précoce. Ce qui devrait aboutir à l’instauration du traitement médical et surtout à mettre en place la prise en charge sociale et familiale.
La gestion, du déclin cognitif et des troubles du comportement au quotidien, exige de maintenir ou d’organiser un réseau social et familial cohérent. D’où la nécessité de développer les accueils de jour, de former les familles, de travailler avec tous les acteurs sociaux, médicaux, paramédicaux et les associations de familles.
Cette prise en charge globale est essentielle et permet un soutien à domicile efficace. L’espoir est à venir qu’en à un traitement agissant sur les lésions et non plus sur la conséquence des lésions, à savoir une diminution d’un neuromédiateur essentiel : l’acétylcholine.
Il faut encore et toujours briser les tabous qui entourent cette maladie. La comprendre, c’est l’apprivoiser. L’accepter c’est aider le malade et l’entourer au maximum.
 
On ne peut plus confondre vieillesse et maladie Alzheimer ou maladies apparentées
L’assimilation à une maladie inéluctable liée à l’âge conduit encore trop souvent au diagnostic tardif (traitement instauré trop tard) et à une prise en charge inadaptée. Comme toute maladie elle nécessite des soins et un accompagnement.
Le mot démence est un mot bien dur. Il n’est pas synonyme de folie. Il décrit une situation de déficience intellectuelle avec surtout une perte d’autonomie .
Un diagnostic précoce permet une prise en charge médicale et sociale de meilleure qualité pour votre parent.
 
 
 
L’annonce du diagnostic, à votre parent, est un mal nécessaire
Des enquêtes récentes montrent que 70 à 90 de la population générale saine souhaiterait connaître le diagnostic.
L’annonce facilite la prise en charge, améliore la prévention des complications et doit permettre une meilleure coordination entre les médecins et les différents  intervenants.
 
 
Tout patient atteint de cette maladie conserve sa dignité de personne humaine quelque soit le stade de la maladie
Le soutien à domicile (mieux que maintien) est préconisé et peut l’être même à un stade évolué. Il est effectué par des professionnels formés (médecin généraliste et spécialiste, kinésithérapeute, infirmière, orthophoniste, neuropsychologue, assistante sociale …) avec l’aide possible de l’APA (allocation personnalisée à l’autonomie) pour les aides à domiciles.
Ce soutien concerne également l’aidant et la famille en organisant des temps de
« repos » avec les accueils de jour, les hébergements temporaires.
Des mesures juridiques existent et protègent le malade et ses biens (sauvegarde de justice, curatelle et tutelle)
 
Ralentir l’évolution
C’est actuellement possible en combinant traitement médicamenteux, stimulation des patients (activités adaptées aux capacités du sujet) et maintien d’une vie sociale.
 
Vivre avec les troubles du comportement
Les troubles du comportement font partie intégrante de l’évolution de la maladie. Leur  intensité est très variable allant de l’agitation à « l’inaction » appeler apathie.
Leurs approches est parfois délicates et savoir analyser la situation, permet souvent d’éviter l’emploi de thérapeutiques médicamenteuses pouvant aggraver l’état général (ces thérapeutiques restent néanmoins nécessaires dans certains cas précis et après avoir éliminé une cause autre que l’évolution de la maladie).
Une question essentielle : Y a t’il eu des changements récents ? (Aggravation d’une maladie chronique, d’une douleur, un changement de traitement ou un changement sociale comme un déménagement …)
Il faut ritualiser les moments de la journée (repas, toilette, coucher …), maintenir des repères dans le temps (calendrier, horloge) et dans l’espace (signalisations).
Un problème comportemental doit aboutir à une approche rassurante en évitant tout conflit. Il faut employer un langage simple compréhensible pour le malade.
Il convient d’éviter les situations stressantes et les conflits verbaux.
 
Devant une aggravation récente existe-t-il une pathologie intercurrente ?
Toute aggravation brutale du comportement ou des fonctions intellectuelles doit faire rechercher une cause autre que la maladie de la mémoire elle-même .
Appeler le médecin traitant pour avis et sauf urgence il convient d’éviter l’hospitalisation.

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